A quand une pétition contre les donneurs de leçons ?

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Après que Kamel Daoud a renoncé au journalisme, et que Manuel Valls a été critiqué pour ses mots sur la politique d’Angela Merkel, Gilles-William Goldnadel entend contester le «monopole de l’indignation et de la pétition» à la gauche.

Pourquoi diable laisser à la gauche si morale et tellement intelligente le monopole de la pétition ? Le Monde dans cette dernière décade se sera surpassé dans l’illustration de ces deux vertus autrefois certifiées. Après avoir permis à quelques sociologues inconnus d’entrer dans la postérité en jetant à la vindicte Kamel Daoud, coupable d’avoir dit ses quatre vérités sur le mâle islamique, voici le vespéral ouvrant ses colonnes à la dame du Nord et à quelques épigones venus revendiquer l’idée de modernité.

Je me sens tout à fait capable de pétitionner solitairement, même s’il n’est pas à la portée de n’importe qui d’égaler un texte aussi indigent qu’indigeste.

Mais je reprends à mon compte personnel leur petite antienne : trop c’est trop !

Ainsi, ces messieurs-dame incarneraient l’idée même de progrès. Mieux encore, ils s’insurgent contre «l’abaissement de la France» que constitueraient la réforme du code du travail et le franc-parler du premier ministre à l’égard de l’immigrationnisme soudain de la chancelière allemande.

Que les capitaine et matelots naufragés d’une idéologie responsable de la déchéance de la nation française dans les domaines économique, social, sécuritaire et identitaire aient encore le toupet sur le sujet de faire des remontrances en dit long sur leur outrecuidance.

C’est grâce à eux que la France peut revendiquer cette peu enviable première place en Europe pour les progrès du chômage de masse. C’est aussi grâce à eux, que le pays peut se vanter de cette spécificité culturelle incontestable de posséder des organisations syndicales à la représentativité proportionnée à leur modernité. Aucun autre pays avancé n’entretient encore grassement des syndicats marxistes rétrogrades dont les nervis séquestrent ou agressent les cadres.

C’est encore en France que le premier syndicat du pays a été contraint d’exclure de ses rangs des centaines d’islamistes travaillant dans nos aéroports si sensibles, dûment badgés et encartés.

C’est en France qu’un récent sondage (Le Parisien 27 février) révèle que 65 % des citoyens «ont une mauvaise opinion» de leurs organisations syndicales. Ce sont bientôt celles-ci, en harmonie synchrone avec nos pétitionnaires modernes et indignés, qui empêcheront le gouvernement d’initier ces timides et tardives réformes. Vous avez dit modernité ? Trop c’est trop.

Ainsi encore, notre premier ministre aurait commis un crime de lèse-majesté envers dame Merkel et abaissé la France en disant haut et fort ce que pensent la majorité des Français sur la submersion de l’Europe par un phénomène invasif et mortel.

Hier encore, cette gauche n’avait pour la chancelière d’Allemagne que le mépris le plus extrême. Il n’était pas rare de lui reprocher lourdement sa germanité et de dessiner son chef couvert d’un casque d’acier. Quand ce n’était pas une fine moustache. Mais après qu’elle ait ouvert en grand les frontières haïssables, après qu’elle ait est rompu avec la vieille Allemagne, voilà Angela en passe d’être béatifiée par une gauche post-shoatique autant que névrotique.

Vous avez dit modernité ? Trop c’est trop.

Trop de mensonges et trop de stupidités sur cette question migratoire.

Mensonge que prétendre que tous les migrants fuient la guerre. Une bonne moitié venue notamment du Maghreb constitue une immigration économique. Et l’immigration venant d’Algérie, en faillite sociale autant que politique, n’a pas dit, loin s’en faut, le dernier mot.

Mensonge que dire que l’autre moitié fuit directement la guerre. Ils viennent pour la plupart de Turquie où leur pauvre vie n’est plus en danger.

Stupidité que dire que c’est à l’Europe d’accueillir en premier ces populations principalement musulmanes venues d’Orient. Et il y a un anti-occidentalisme pervers à donner mauvaise conscience sur ce point à l’Europe désarmée qui a d’ores et déjà fait montre d’une hospitalité excessive et forcée en matière d’immigration orientale.

L’Europe est-elle donc appelée à accueillir chez elle l’ensemble des populations du Proche-Orient en flammes et de l’Afrique du Nord à la dérive ? Ce serait bien si nos pétitionnaires de génie voulaient le préciser clairement, eux qui auront tout fait pour imposer à des français, à qui ils n’ont pas songé demander leur avis, cette société multiculturelle de leur rêve qui tourne au cauchemar.

À la lumière blafarde de l’année écoulée, pour peu qu’on laisse faire ces fins pétitionnaires, la société française a des dispositions pour devenir sous peu une nouvelle Érythrée.

Les pays richissimes du golfe, Arabie Saoudite en tête, ont invoqué, sans critiques, leur «sécurité» pour refuser toute immigration

Comment accepter que l’ONU, largement dominée par les potentats dictatoriaux et Amnesty International, définitivement inféodée à l’idéologie anti-occidentale, aient le front de faire la leçon à l’Europe démocratique, alors que les pays richissimes du golfe, Arabie Saoudite en tête, ont invoqué, sans critiques, leur «sécurité» pour refuser toute immigration ? Tout commande, la morale humaine, la proximité géographique, comme la cohérence politique, que les pays arabes ainsi que la Turquie fassent l’effort principal : et la fraternité musulmane et leur responsabilité dans les causes du drame.

Stupidité, à peine croyable, que de reprocher (un reportage d’Arte) aux autorités européennes d’exiger des candidats au refuge la production de leurs papiers, alors même que l’on connaît à présent, après l’avoir nié effrontément, le risque terroriste ou sécuritaire, et que l’on sait que nombre de candidats trichent et sur leur origine et sur leur âge.

 

Mensonge que de dire que les sacro-saintes «associations» veulent le bien des migrants. On l’a vu à Calais où les militants ont incité les malheureux pataugeant dans la boue, en proie aux exigences sexuelles ou financières de toutes les mafias et de tous les passeurs, à demeurer sur place plutôt que d’accepter de rejoindre des logements plus confortables. Car tout ce qui intéresse les internationalistes et les «no borders», ce n’est pas le bien-être de tous ces pauvres hères, mais la définitive destruction de toutes nos frontières.

À ce sujet, je ne me lasserai jamais de dire combien certains médias, principalement d’État, encouragent ces progrès du mensonge et de la stupidité. Ainsi, je n’aurais pas entendu pendant toute la séquence, rien qu’un mot, un seul mot, laissé aux Calaisiens…

Je reconnais bien volontiers à nos socialistes gauchers la légitimité de vouloir former le syndicat des cocus de la nouvelle gauche droitière. Leur narcissisme et leurs rancœurs n’expliquent pas toute leur hargne. Il est vrai que le souverain qu’à présent ils honnissent détestait la finance et vomissait les riches. Et que celui qui disait «nous voulons maintenant que la France soit une grande nation d’accueil… les socialistes sont pour le traitement républicain de l’immigration, c’est-à-dire que l’on peut s’installer où l’on veut, quand on veut…» s’appelle Cambadélis.…

Mais dans ce cadre de règlements de comptes littéralement sinistre, laisser dire à la dame des 35 heures et des piscines séparées, qu’elle incarnerait le progrès et la modernité, c’est trop.

Trop pour un pétitionnaire solitaire, épris de vraie humanité et trop pour un pays à l’heure de vérité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Gilles-William Goldnadel. Publié avec l’aimable autorisation du Figaro Vox.

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