Tariq Ramadan, voleur de valeurs

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Lus comme il convient, les textes islamiques ont tout inventé et tout prôné : les droits humains, le pacifisme, la non-violence, l’écologie, le respect des animaux…

Récit d’une nouvelle Révélation

Ici une procureure, là des informaticiens, écrivains, journalistes, assistants sociaux, juges… tous habillés très pudiquement. Sur la tête des femmes: un foulard. A midi, un discret fumet halal se dégage. Deux fois par jour, foulards et mâles pudiques se dirigent vers la salle de prières toute proche… Ces hommes et femmes apportent une contribution exceptionnelle au patrimoine de l’humanité comme l’islam l’a fait dans un lointain passé… Les mécréants les observent, pâles de jalousie, au seuil de la conversion.

Les musulmans doivent en quelque sorte infiltrer toute la société en la plongeant dans une sauce islamique exquise. La transformer, surtout ne pas s’y adapter, précise Tariq Ramadan. «L’exigence n’est pas, dans chacun des domaines scientifiques, de chercher à s’adapter aux évolutions sociales et scientifiques mais d’apporter une contribution éthique, un supplément d’âme, d’humanité et de créativité positive aux sociétés, aux sciences et aux progrès humains.»

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Multiplier les musulmans à forte valeur ajoutée éducationnelle dans tous les domaines socio-économiques et avec forte visibilité, c’est le rêve de l’intellectuel qu’il répète dans son dernier livre «Le génie de l’islam». Et qu’il clame dans les multiples micros qui se tendent pour sa promotion. La radio romande est toujours dans les starting blocks pour ce genre d’exercice.

La religion, une affaire privée ?

Le journaliste demande à son invité si la religion doit être une affaire privée.

«Elle peut l’être sur un certain nombre d’éléments. Mais d’un autre côté, quand on est juif, musulman, hindou ou bouddhistes, bien entendu que nous sommes portés par une éthique. Cette éthique elle va avoir une visibilité publique.» Où l’on repère l’une de ses astuces rhétoriques: faire comme si l’islam n’était pas seul en cause.

Des exemples de cette visibilité ?

«La transparence, l’honnêteté, le service de l’humanité», soit des valeurs qui n’ont rien d’islamique, contrairement à celles qui suivent: «la pudeur ou une sorte de politesse qui est aussi un enseignement religieux».

Le foulard bien sûr est au cœur de cette visibilité. Et lorsque la préposée à la revue de presse cite un journaliste ayant vécu 10 ans en Algérie qui exhorte à –«se montrer ferme, combattre le foulard islamique, ne pas laisser la zone d’Allah s’étendre», Tariq s’étrangle. «C’est sidérant… ces raccourcis… Parce qu’en enlevant le foulard, on libère la femme?»

Concernant les aliments, les vêtements les relations sociales, etc., notre savant explique dans son livre qu’il existe en islam «des prescriptions, des interdits, des préférences». Et encore «des exigences, des besoins, des embellissements».

Après ces postulats, les explications s’embourbent. La pudeur arrive en tête des «obligations», alors que le foulard est «une prescription». Les femmes peuvent le délaisser s’il les conduit à négliger «les obligations essentielles», soit la prière, l’aumône ou le jeûne. Raisonnement abscons. Le hallal est «une des obligations de seconde catégorie…» Et «répondre au salut d’autrui est une obligation, mais relève de l’embellissement et non de l’exigence». Un type de distinctions sur lesquelles planchent depuis plus d’un millénaire les grands esprits de l’islam.

Respecter l’animal qu’on égorge

Pour se conformer à quelques comportements humanistes, les musulmans sont invités à renouveler «la compréhension» du Coran. Et grâces aux lunettes fournies par l’auteur, ils découvrent qu’Allah et son messager, 1400 ans avant la Convention européenne, ont prôné la totalité des droits humains, plus le «droit à la migration», la préservation de l’environnement et le respect des animaux, y compris dans l’égorgement, comme notre savant le démontre: «Le Messager, de la même façon, a insisté sur le traitement des animaux. Alors qu’un individu avait immobilisé sa bête puis aiguisait son couteau devant elle, le prophète intervint et lui dit: «Tu veux donc la faire mourir deux fois. Pourquoi n’as-tu pas aiguisé ton couteau avant de l’immobiliser?»

Reconnaissons que depuis son livre «Peut-on vivre avec l’islam» (2004) rédigé avec Jacques Neyrinck, le «philosophe» a relu la charia avec une optique plus adaptée au contexte. Il est devenu moins littéraliste, notamment à propos de l’égalité entre hommes et femmes, de l’avortement et de la contraception (qu’il disait interdits) ou de l’homosexualité. Il ne dirait plus comme à l’époque: «La fornication et l’adultère sont des choses très graves devant Dieu».

Mais tout de même, comment s’en tire-t-il sachant ce qu’il sait de ses saintes écritures? «On ne peut pas changer la parole d’Allah qui fait partie des principes de notre foi. Il s’agit de réformer notre compréhension des textes, voire le fiqh » (jurisprudence islamique). (…) un renouvellement des textes éternels à travers une intelligence temporelle.» C’est beau! Et super pour les musulmanes qui peuvent ainsi découvrir qu’il n’existe pas le moindre sexisme dans leurs Écritures. «Il faut que les hommes et les femmes se battent contre la lecture patriarcale, contre les traditions ancestrales qui confondent ce que j’appelle la projection culturelle avec ce que disent vraiment les textes.»

Une condition : chausser les bonnes lunettes

Avec des lunettes bien ajustées et un utile contexte («L’Omniscient» n’avait pas réalisé que les sociétés allaient évoluer), le Coran ne comprend plus la moindre injonction inhumaine, discriminatoire ou misogyne.

Et logiquement, la charia non plus. A condition de mettre à contribution ses neurones: «L’application de la charia exige un travail permanent d’aller-retour entre les Textes et le contexte, les principes et leur application…» Il faut effectuer «un triple travail d’exégèse, d’analyse et de questionnement juridique» Il va même jusqu’à accorder un zest de révélation humaine: «À trop envisager la charia comme le corpus des «lois divine», donc absolu, on a souvent omis de considérer la part humaine dans leur construction et leur organisation.»

A l’expérience, l’exercice intellectuel se révèle miteux. Tel verset sur le témoignage inégal? «Il doit être compris à la lumière du Message et du rôle que le Coran et l’Envoyé ont assigné aux femmes.» L’amputation de la main pour le vol ? Il faut d’abord définir le vol et en plus, le deuxième calife avait suspendu cette peine en temps de sécheresse et de famine… La mort pour apostasie? Oui, la plupart des savants l’ont confirmée. Mais dès le huitième siècle, d’autres ont mis en évidence «une anomalie dans la chaîne des transmetteurs», l’un d’eux a menti. Et puis, le prophète «n’a jamais tué une femme ou un homme ayant quitté l’islam».

Ceux qui ont cru déceler dans leurs lectures l’héritage inégal, des châtiments corporels ou la mort pour certains transgresseurs ont des problèmes oculaires. Comme ceux qui imaginent qu’à aucun moment le Coran ne condamne l’esclavage ni ne bannit la polygamie.

Pas de discours victimaire, mais victimes quand même !

Mais hors du bureau, lorsqu’il harangue ses troupes au nom de ses valeurs, Tariq rejoint le chœur des frustrés. La justice, l’égalité, la liberté, etc., c’est conforme à l’islam, mais hélas, nos sociétés ne les appliquent pas, notamment à l’endroit des musulmans, il faut donc lutter. Contre quoi? L’Occident et ses méfaits, les gouvernements, l’islamophobie, la discrimination, la stigmatisation…

Mais ne confondons pas, il ne s’agit en aucun cas d’un discours victimaire, il déteste ça. Il encourage les stigmatisés à exiger avec fierté, avec courage, avec énergie! J’ai relevé quelques exemples saisis devant la Cité internationale universitaire de Paris  le 15 janvier dernier. La conférence de Tariq vient d’être annulée pour raison de sécurité.

  • Il est pour la laïcité. Mais pas pour celle qui existe, car elle est appliquée «à géométrie variable».
  • Il n’est pas Charlie, car Charlie «est tout sauf de l’honnêteté intellectuelle». «Je suis Paris», oui à condition de dire aussi je suis Djakarta, je suis Istanbul, je suis Beyrouth…pas cette hiérarchie qui fait que nos morts comptent et les autres, on s’en moque.»
  • A propos du Mali, de la Syrie, de la Lybie: «C’est au nom des valeurs françaises qu’on n’accepte pas vos mensonges, vos manipulations!» Et d’inviter ses troupes à lire, apprendre, forger une intelligence, car «le savoir c’est du pouvoir».
  • «Les premiers traîtres à la France, à l’égalité, à la République, ce sont les politiques. C’est eux qui font la hiérarchie des citoyennetés (…) Qui n’ont pas encore avalé qu’hier il y avait des colonisés et qu’aujourd’hui il y a des citoyens à part égale avec les mêmes droits.»
  • «Le discours du gouvernement aujourd’hui, c’est exactement ce que veut Daesh, un discours de division, de stigmatisation. Pour pouvoir être plus français il faut que vous soyez moins musulmans. Les vrais résistants aux deux, ça doit être nous. On ne se laissera pas faire!»
  • Et le clou :
    «Vous pouvez faire ce que vous voulez, je ne peux pas assimiler les résistants palestiniens à des terroristes de Daesh. Mais on ne tue pas les innocents, les femmes, les enfants, ça c’est notre éthique. Comment se peut-il que ceux qui ont résisté pour la liberté de la France ce soient les Justes de la France et que ceux qui résistent pour la liberté en Palestine, ce soient les extrémistes palestiniens?» Palestiniens qui comme chacun sait ne tuent pas de bébés, de femmes enceintes, ne poignardent pas de civils ni n’envoient des voitures-béliers contre des abris-bus, n’élèvent pas au rang de martyrs les assassins. Et ne travaillent pas à la création d’un Etat islamiste, un genre d’Etats que Tariq dit condamner fermement.

 

Des musulmans si pacifiques

Malgré tout, hors quelques groupuscules sans importance, l’intégration des musulmans est un fait, preuve en est écrit-il, leur présence dans tous les métiers. (Merci qui?) Face aux provocations telles les caricatures danoises ou des propos islamophobes, leur réaction est «très majoritairement calme, critique et posée». Mais nos méfaits auxquels s’ajoute «la normalisation du racisme anti musulman» expliquent qu’«il est encore bien difficile, dans ces conditions, de se sentir chez soi en Occident, de développer un véritable sentiment d’appartenance…» Comme le montrent à l’envi ses supporters et pas mal d’autres.

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Tariq est bien entendu contre la violence et les atrocités. «Il y a des versets dans le Coran qui, sortis de leur contexte, peuvent être des versets instrumentalisés par la violence. En tant que savant musulman, je me dois d’avoir une position claire. Oui, il y a des gens qui utilisent des versets pour tuer des innocents, pour violer et soumettre à l’esclavage.» Position d’une époustouflante audace.

Mais lorsqu’on a lu «Le génie de l’islam» et compris ce qu’est le djihad, qui signifie «effort» (comme islam signifie «paix»), on est pleinement rassuré. On rêve même de millions de jihadistes! Car il existe «le jihad spirituel contre l’ego et l’arrogance, des jihad contre la pauvreté, le racisme ou la corruption, comme il existe des jihad pour l’éducation, la justice sociale, l’égalité et la paix. Sur les 80 acceptions du mot, une seule réfère à la guerre »… et encore s’agit-il de légitime défense!

Si on possède la bonne optique (en l’occurrence celle de Tabari), la biographie de Mahomet à Médine nous fait découvrir aussi l’origine de la démocratie (il consultait ses compagnons avant de prendre une décision), de la paix, de la non-violence, l’opposition aux guerres et l’égalité des races et des religions. «L’islam condamne de fait toute discrimination fondée sur le caractère ethnique comme sur l’appartenance religieuse, c’est-à-dire aussi bien l’antisémitisme, la christianophobie que l’islamophobie…»

Si vous avez compris le contraire, je suppose que vous n’avez pas lu les textes saints en arabe… Et si vous croyez observer dans vos sociétés d’innombrables maux créés par les dévots de l’islam, vous avez probablement un besoin urgent de chirurgie ophtalmique.

Notons que jamais il ne viendrait à l’idée d’un journaliste de questionner le savant, par exemple sur sa «compréhension» des innombrables condamnations à l’enfer des non-musulmans par son saint livre et des aimables qualificatifs qu’il leur prête tels que bestiaux, criminels, pervers…

Au terme de cette lecture renversante, deux questions surgissent :

  1. – Comment se fait-il que tout au long de leur histoire et aujourd’hui encore, les musulmans n’aient jamais découvert et encore moins mis en pratique les merveilleuses valeurs que prône leur religion ?
  2. – Pourquoi les sociétés occidentales privées de ce merveilleux islam ont-elles réussi à les introduire et à les respecter ?

Parce que Tariq Ramadan est un vil voleur de valeurs et un dangereux enfumeur.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Mireille Vallette

Affiche : 1 Commentaires
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  1. Mustapha dit :

    Critique bien développée.
    Juste un rappel pour ceux qui n’ont pas lis le coran :
    « Ni contrainte ni violence pour la foi »
    Le mot ISLAM signifie « la foi en un Dieu unique : Allah pour les musulmans et YHVH pour les hebreux »
    La paix c’est SALAM en arabe.
    Dans le coran, ABRAHAM est cité comme le premier MUSULMAN.
    TOUS LES MONOTHÉISTES SONT DES MUSULMANS.
    MAIS l’ignorance fait des ravages!!!!!!!

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